Souvenirs d'une cocodette

Le dernier livre d'Ernest Feydeau, imprimé en Belgique en 1877 soit quatre ans après sa mort, reste certainement le plus scandaleux. En 1878, pour sa seconde édition à Leipzig, il prit le titre de Souvenirs d'une cocodette.
Réunis par la passion commune de l'archéologie, Feydeau fréquenta Théophile Gautier, rencontra Baudelaire, Banville et les frères Goncourt, devint l'ami de Sainte-Beuve, de Flaubert et leur fit lire ses manuscrits. Après des débuts obscurs, le succès et le scandale de Madame Bovary l'incita à écrire Fanny. Ce roman suscita des réactions contradictoires dans les milieux bourgeois, divisa la critique mais obtint un grand succès auprès du public. Admiré par ses pairs, il se considéra alors comme le chef de file de l'école réaliste. Ses œuvres suivantes ( Sylvie, La Comtesse de Chalis ou Les Mœurs du jour, Daniel, Catherine d'Overmeire ) connurent des destins divers mais aucun ne furent de la veine de Fanny.
En 1872, Feydeau écrivit les Souvenirs d'une cocodette, à un moment où il manifesta le vif intérêt d'écrire des scènes érotiques. Flaubert, après la lecture du manuscrit, confia à sa nièce : « Il a écrit un roman inimaginable d'obscénité… et comme je me suis permis de lui dire, en marge du manuscrit, mon opinion, il m'a écrit que j'étais un imbécile… »
Apollinaire, dans sa préface à l'édition du Coffret du Bibliophile, tente de définir ce qu'est une cocodette : « La cocodette, c'est la Cocotte avec un masque, le masque de la respectabilité, le masque de la vertu qui dissimule le vice et le rend plus aimable. » Notre héroïne est une jeune femme du monde, avide d'argent, de luxe et de luxure. Il s'agit en fait de confessions intimes, de l'adolescence et de la pension - initiations saphiques - aux galanteries de son cousin, puis la présentation dans la bonne société et enfin le mariage de raison - initiation tripartite - sans oublier l'amant et les amantes. Nous sommes dans la plus pure convention de la description des mœurs bourgeoises de l'époque, une sorte de vaudeville libertin où tout est dit, tout est suggéré mais sans descriptions scabreuses. Sainte-Beuve écrivait : « On dira tout ce qu'on voudra de Feydeau : mais il a ce avec quoi on tord le fer, il a du feu ».
Collection l'Enfer de la Bibliothèque nationale de France. (Enfer de la BNF, cote n° 13).

Roman illustré numérique, 94 pages, 12 illustrations en noir et blanc anonymes, couverture en couleurs et en noir et blanc.


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Informations :

Éditeur
Éditions Dominique Leroy
Auteur(s)
Ernest Feydeau
Tags
Sexe Hétérosexualité Fiction Érotisme Littérature et sexualité Libertin Lesbienne Triolisme Curiosa